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Quatre collègues échangent autour d’une table de réunion.

Sensibilisation au sexisme au travail : préparer une intervention utile

Vous préparez une sensibilisation au sexisme au travail et devez choisir une intervention, mobiliser les équipes et organiser les échanges ? Avant de réserver une date, clarifiez ce que les participants doivent pouvoir repérer et faire après la séance. Un objectif précis permet de choisir les scènes, le public et les relais internes avec davantage de justesse.

À l’approche du 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, ce travail peut s’inscrire dans votre calendrier RH. Il reste utile toute l’année. Voici une méthode de préparation et un modèle de brief pour construire une intervention adaptée à votre entreprise.

Le point de départ : choisissez un objectif pédagogique, prévoyez les personnes ressources et réservez un vrai temps d’échange. Le spectacle ouvre une discussion ; la démarche de prévention et le traitement des situations signalées relèvent de l’organisation.

Définir ce que la sensibilisation doit rendre plus clair

« Faire prendre conscience » est une intention trop large pour bâtir un programme. Préférez une question de travail : comment repérer une remarque sexiste banalisée ? Quelle réponse un témoin peut-il envisager ? Vers qui une personne peut-elle se tourner dans notre entreprise ? Choisissez une priorité, puis identifiez les repères indispensables pour l’aborder.

Ne confondez pas sexisme, harcèlement sexuel et agression sexuelle. L’INRS distingue ces notions et rappelle que la prévention doit aussi prendre en compte l’organisation et les relations de travail. Une intervention courte ne remplace ni cette démarche globale ni une formation spécialisée sur les responsabilités de chacun.

Formulez votre objectif avec un verbe concret : repérer, questionner, orienter, expliquer. Par exemple : « À partir d’une scène fictive, les participants pourront identifier ce qui pose problème et citer le dispositif interne auquel s’adresser. » Cette formulation facilite ensuite le choix des échanges et des supports.

Choisir le public et le format ensemble

Une intervention pour l’ensemble des salariés et une séance destinée aux managers ne répondent pas exactement aux mêmes besoins. Les premiers peuvent avoir besoin de repères communs et de contacts clairement identifiés. Les seconds peuvent devoir travailler leur façon de réagir lorsqu’une situation leur est rapportée. Précisez les rôles présents, les métiers et les sites concernés, sans transmettre de dossiers individuels.

Le théâtre forum sur les violences sexistes et sexuelles permet d’observer une situation jouée, de discuter des réactions possibles et de voir les scènes évoluer à partir de propositions. La conférence-spectacle sur les VSS constitue une autre piste lorsque vous souhaitez articuler des repères et une intervention scénique. Le contenu et les modalités se précisent avec l’équipe.

Pour comparer les propositions, demandez ce que fera réellement le public : écouter, poser des questions, proposer une réaction, intervenir dans un échange animé. Vérifiez aussi comment le format s’adaptera à votre effectif, à la salle et au temps disponible.

Une animatrice accompagne deux comédiens devant un groupe assis en demi-cercle.

Préparer des exemples sans exposer les personnes

Un contexte professionnel reconnaissable aide à comprendre l’enjeu : réunion, recrutement, répartition d’une tâche, déplacement professionnel. Il n’est pas nécessaire de reproduire un incident identifiable. Travaillez avec des situations fictives ou suffisamment transformées, en retirant les noms, dates, fonctions uniques et détails qui permettraient de reconnaître des collègues.

Exemple fictif de point de départ : pendant une réunion, une idée n’est prise en compte que lorsqu’un autre participant la reformule. La scène peut amener à examiner la distribution de la parole et les réactions du groupe. Elle ne permet pas, à elle seule, de qualifier juridiquement une situation réelle.

Transmettez au prestataire le mécanisme que vous souhaitez aborder, les mots à expliquer et les limites du cadre. Une formule comme « nous voulons travailler la réaction des témoins face aux remarques banalisées » est plus exploitable qu’un récit détaillé mettant en cause une personne.

Organiser les échanges avant d’envoyer les invitations

Décidez qui ouvre la séance, qui anime les questions et qui rappelle les contacts utiles. L’INRS recommande une sensibilisation participative, intégrée à la prévention, ainsi qu’un cadre connu pour les signalements. Préparer ces relais en amont évite de terminer par une invitation vague à « en parler ».

  • Dans l’invitation : expliquez le thème et le déroulement, sans annoncer un exercice surprise sur un sujet sensible.
  • À l’ouverture : précisez que les échanges portent sur des situations jouées et que personne n’a à raconter son vécu devant le groupe.
  • Pendant la discussion : revenez aux faits observés dans la scène et aux options d’action, sans désigner des collègues dans la salle.
  • À la fin : indiquez les interlocuteurs et modalités de contact réellement disponibles dans votre structure.

Prévoyez également la conduite à tenir si une personne souhaite évoquer une situation personnelle. Ne transformez pas la séance collective en enquête publique : proposez une orientation vers les interlocuteurs compétents selon les procédures de l’entreprise. Ce point doit être préparé avec les responsables concernés.

Préparation d’un atelier à partir d’un carnet et de documents de travail.

Un modèle de brief à compléter avec votre équipe

Ce canevas peut servir à préparer votre premier échange. Les rubriques à compléter sont des informations de cadrage, pas un programme standard imposé.

  • Contexte : pourquoi organisons-nous cette action maintenant ?
  • Public : quels métiers, rôles, sites et effectifs sont concernés ?
  • Objectif : quelle question précise souhaitons-nous éclaircir ?
  • Situations : quels contextes fictifs seraient pertinents pour nos équipes ?
  • Participation : quelle place souhaitons-nous réserver aux propositions et aux questions ?
  • Relais : qui présente les ressources internes et accueille les demandes individuelles ?
  • Organisation : date, lieu, créneau disponible, équipements et besoins d’accessibilité.
  • Suite : quel support et quel point de suivi prévoyons-nous après l’intervention ?

Prévoir une suite qui ne se limite pas au questionnaire de satisfaction

Un questionnaire « avez-vous apprécié ? » renseigne sur l’expérience, mais ne suffit pas à évaluer ce qui a été compris. Vous pouvez aussi vérifier si les participants savent retrouver un contact, identifier un point de vigilance dans un exemple fictif ou expliquer une réaction possible. Annoncez ce que vous cherchez à observer et évitez de recueillir des récits personnels dans une enquête collective.

Fixez avec les acteurs internes un moment pour examiner les questions restées ouvertes et les informations à rendre plus accessibles. Une action ponctuelle peut servir de point d’appui ; elle ne démontre pas, à elle seule, une baisse des violences ou un changement durable des pratiques.

Les questions à trancher avant de réserver

Faut-il attendre le 25 novembre ?

Non. Cette date peut aider à mobiliser autour d’un rendez-vous identifié, mais votre calendrier doit d’abord tenir compte du besoin, des disponibilités et de la préparation des relais. L’ONU présente le cadre de cette journée internationale.

Peut-on organiser une séance si une situation est déjà signalée ?

Le traitement de cette situation doit suivre les voies appropriées. Une sensibilisation ne doit pas servir à mettre en scène les personnes concernées, à rechercher des témoignages publics ou à remplacer les mesures nécessaires. Le contexte est à examiner avec vos interlocuteurs compétents avant de choisir l’intervention.

Quel rôle donner à l’humour ?

Il peut porter le décalage d’une scène, à condition de préparer son usage. Discutez du ton et de ce qui fera l’objet du décalage : les mécanismes et les comportements, sans tourner en dérision les personnes qui subissent la situation.

Préparons votre intervention

Vous avez un public, une date et un objectif en tête ? Présentez-nous votre projet de sensibilisation ou appelez le 01 82 83 28 43. Nous pourrons examiner le format et le cadre adaptés à votre événement.